Chaos

J’entends tonner les feux d’artifice du 14 juillet… Il doit y avoir beaucoup de gens amassés aux pieds d’un monument célèbre pour admirer le spectacle. Comme partout en France d’ailleurs. Des gens amassés, un sourire aux lèvres, tous dans la même position parce qu’on a décidé de les rassembler là, ce jour précis. Certains ignorent pourquoi exactement. Mais ils sont quand même là, à regarder, à acclamer, à s’étonner de la magnifique couleur rouge, bleue ou verte de ces étincelles. Ca me rappelle que j’ai été agglutinée comme ça, il y a longtemps. Assez longtemps pour que je ne me souvienne plus la joie ou l’étonnement que procurent ces artifices qui divertissent le citoyen. Je ne dénigre pas cela, finalement. Je me dis simplement que j’aimerai encore pouvoir m’émerveiller de si peu. Je ne sais pas si je peux encore être béate face à une chose fabriquée de main humaine. Je ne sais pas. Je suis un peu confuse ce soir… Trop de souvenirs lointains bousculent des souvenirs plus frais et tout se mélange pour faire éclore un blocage dans mon pathos. Trop de sentiments annihile les sentiments. Je me sens vide. Dénuée de précision émotionnelle. Mon crâne est un tambour où résonnent souvenirs, émotions, ressentis, regrets et remords…
Je suis le chaos.