Dialogue

Regarde un peu, là-bas. Il y a quelque chose de bizarre dans l'air. Comme une sensation épaisse. Je délire ou tu le sens aussi ? C'est un peu comme si je marchais dans une poudre d'étoile, un peu comme si j'évoluais loin de tout, dans l'espace ailleurs... Tu en penses quoi ? J'avance, j'avance. Je m'enfonce jusqu'aux chevilles. Je ne comprends pas bien. Et cette pâleur... Il y a de la nostalgie dans cet atmosphère. Et pourtant il y fait doux... C'est... Curieux. Je suis bien ici. Je ne suis pas étranger à mon passé, il me suit toujours. Mais je suis dans mon élément. Dans ce rêve là, on est balancé entre mélancolie et extase. Tu me diras, alors, c'est comme dans la vie réelle. Et je te répondrais, non, parce dans la vie réelle tout n'est pas énoncé clairement. Et là, ça paraît limpide. Je vois tout aussi clairement que lorsque je me balade les yeux clos, dans ma tête. Ici, mon cerveau travaille dans un ronronnement ami. Tout est paix. Et la mélancolie baise avec l'extase. Tout ne fait qu'un, tu comprends ? On a repoussé les limites et tout est possible. Je peux tout faire et être moi-même ici. Il n'y a pas de garde-fou. Pas vraiment d'obstacle. Rien que ceux que je veux bien m'imposer. Une douce rébellion qui tend vers ton sexe finalement, un aboutissement de l'extase pour l'orgasme. La seule réalité tangible. Une passion provoquée dans un désir de lucidité absolu et éternel, dans son intensité.

Disons que cet univers ne m'est pas tout à fait inconnu. Je le traverse comme je me disperse dans la foule. Tu sais, je me dis souvent que je suis noire de monde. Mais en fait, je suis noire de toi, je suis remplie par toi. Ce domaine lunaire où tu m'as invitée, comme on invite dans l'onirique, je le parcours à tes côtés. Je voyage comme une âme soeur au milieu de cette poudre, cette vapeur. Et je suis ta main qui trace des symboles aussi beaux que mystiques. Tu me dis que cette nostalgie est familière et qu'elle se mèle à l'extase. Tu me dis que la libération se trouve aussi dans mon sexe. Alors s'il te plait, libère moi et offre moi ton corps. Donne-moi accès à cette réalité là. Fais-moi parcourir ces cîmes abyssales et coule-moi dans tes méandres. Ces spirales où luxure et triste douceur ont fusionnées. J'attraperai ce que tu me tends et le serrerai dans ma bouche pour ne pas tout à fait perdre pied. Je me rattacherai à cette perche, en laissant mon corps glisser à la surface d'une eau en noir et blanc, grise et rassurante. Je n'attends que ce ravissement. J'ai envie de cet éclat, comme je te désire. Je te désire dans ces ambiances, dans cette sensation épaisse, dans cette aura stupéfiante, mélée au climat torride de nos épidermes. Nos peaux en sueur. Vas-y, fais-moi découvrir ce ciel, au dessus des 7 étoiles. Au dessus de Saturne... Entre le capricorne et le verseau...

J'aime assez la façon dont tes yeux résonnent dans mon esprit. Tu vois ce que je veux dire ? Dans ce domaine astral, tes doigts aussi réagissent bien. Il y'a des mystères insolubles ici. Et je les aime comme je t'aime. Justement parce qu'on ne peut ni les assimiler totalement ni les détruire.
Le silence est beau. Il est auréolé d'acier et de toi. Il n'est pas pénible du tout, mais sensible et voluptueux. On pourrait le pénétrer de tes cris, qu'en penses-tu ? Et si tu trouves que ces cris risquent de l'écorcher, alors je peux juste te faire gémir. De plus en plus fort. Mais pas crier. Comme en sourdine...
Tu vas voir. On va aller encore plus loin comme ça. Et je sais que tu vas aimer jouir comme ça, et que je prendrai plaisir à t'envoyer en l'air. Comme ça... Puis, ce sera à mon tour. A mon tour de dépasser la nostalgie pour la sublimer, dans une immense célérité des corps qui claquent. Je crois que je me loverai au milieu de tes caresses lentes et précises. Et toi, tu en es où là ?

En pleine rédemption, je suis en train de renaître. Plus de chaos. Juste l'oubli dans l'étreinte. Voila où j'en suis. Je comprends ce que tu insinues sans que tu aies besoin d'en dire plus, même si j'aime quand tu parles tout doucement, comme tu es en train de le faire. Dans les méandres de mes cuisses.
Parle-moi encore pour voir si j'ai bien compris là où tu veux en venir...
J'aime bien quand ta bouche et ta langue disent des choses comme ça, lentement, délicatement, puis plus vite en variation de tempo... Oui, change de ton, de rythme. Surprends-moi de ton langage. J'en attends tellement. Et toi ? Tu attends quoi ? Tu entends quoi ? On va fuir la mélancolie maintenant. On va partir un peu plus loin... On va se fasciner encore 20 fois, 100 fois, 1000 fois. Tu aimes entendre ce que je murmure ? Moi, je prends plaisir à chuchoter ce genre de chose, parce que ça me met en transe et parce que je sais que tu vois à travers mes yeux dans ces moment là. Tu vas chercher ce que tu veux entendre avec ta langue. Tu cherches mes réactions comme on s'affaire à dénicher le St Graal. Le sang et le corps. Dans un sanctuaire sacré. Donne-moi l'antidote. Je l'attends depuis trop longtemps...

- Je ne sais plus ce que j'entends, ni même ce que j'attends, Je me délecte de ton essence. Tout est si simple et naturel. On se connait depuis depuis combien de temps, tu crois ?
- Ca doit bien faire une éternité et demi, je pense...
- C'est bien ce que je pensai... Si longtemps, si simple... Confiance et abandon...
- Oui... Je n'ai plus que cinq mots qui me viennent en tête et au corps maintenant.
- Et quels sont-ils ?
- "J'ai envie de toi."